Description
Une eau minérale naturelle captée à 808 mètres de profondeur, sous la Sainte-Victoire, à Meyreuil dans les Bouches-du-Rhône.
Ce que veut dire « eau minérale naturelle ». C’est une mention réglementée, et elle n’est pas décorative. Elle exige trois choses : que l’eau provienne d’une seule source identifiée, qu’elle soit microbiologiquement saine à l’origine — donc embouteillée sans traitement de désinfection —, et que sa composition reste stable dans le temps.
C’est ce dernier point qui la sépare d’une eau de source ou d’une eau du robinet. Une eau minérale naturelle doit avoir le même goût en janvier et en août, année après année. Sa stabilité est contrôlée, et l’autorisation d’exploiter se perd si elle dérive.
La profondeur, et ce qu’elle change. Une nappe profonde met des années à se constituer : l’eau traverse lentement la roche, s’y charge en minéraux, et se trouve protégée en surface par tout ce qui la recouvre. C’est un abri géologique, pas un argument commercial — et c’est la raison pour laquelle une eau de cette origine n’a pas besoin d’être traitée.
Le format. Six bouteilles de 75 cl, en verre. Le verre n’a ni goût ni odeur, il ne cède rien à ce qu’il contient, et il se recycle indéfiniment sans perdre en qualité. C’est le seul contenant qui ne change pas ce qu’on boit.
Soixante-quinze centilitres est le format de la table : une bouteille pour deux ou trois personnes sur un repas, sans qu’il en reste.
En pratique. Servez-la fraîche mais pas glacée — autour de 10 à 12 degrés. Une eau trop froide anesthésie le palais et masque ce qui fait sa différence. C’est vrai d’une eau comme d’un vin blanc.
Ce que le verre ne fait pas, et pourquoi nous n’en parlons pas. Nos bouteilles ne sont pas consignées : elles se recyclent avec le verre ordinaire. C’est déjà le matériau qui se recycle le mieux — indéfiniment, sans perte de qualité. Un verre trié aujourd’hui redevient un verre dans quelques semaines.
Le poids, qu’il vaut mieux annoncer. Un carton de six bouteilles pèse près de neuf kilos. C’est le prix de ce contenant, et c’est aussi la raison pour laquelle une commande d’eau seule commence à 54 € chez nous : en dessous, le transport coûterait davantage que ce qu’il porte. Ce minimum disparaît dès qu’un produit d’épicerie entre dans le panier.
La composition, telle que la donne le producteur.
| mg/L | mg/L | ||
|---|---|---|---|
| Bicarbonates | 270 | Sodium | 16,9 |
| Calcium | 48,2 | Sulfates | 13,9 |
| Magnésium | 41,4 | Silice | 11,4 |
| Chlorures | 9,3 | Potassium | 3 |
| Fluorures | 0,1 | Nitrates | 0 |
Résidu sec à 180 °C : 244,8 mg/L — pH : 7,6.
Aucun nitrate, aucun pesticide, aucun PFAS. Le producteur l’explique par la nature du gisement : un aquifère artésien scellé, dont l’eau n’a aucun contact avec la surface.
Ce que « faiblement minéralisée » veut dire ici. À 244,8 mg/L de résidu sec, cette eau se situe très en dessous du seuil de 500 mg/L qui sépare les eaux légères des eaux minéralisées. C’est une eau qu’on peut boire toute la journée sans lassitude — ce qui n’est pas le cas d’une eau à 1 500 mg/L, qu’on prend par verres.
Et une particularité qui se remarque à la lecture du tableau : le magnésium à 41,4 mg/L est élevé pour une eau de cette légèreté. La plupart des eaux faiblement minéralisées en contiennent trois à cinq fois moins.
L’aquifère artésien, et pourquoi ce mot compte. Artésien veut dire que l’eau remonte seule, sous la pression du gisement, sans être pompée. Le gisement est scellé : aucune infiltration depuis la surface, donc aucun des polluants qu’on y trouve. C’est ce qui explique les trois zéros du tableau — ce n’est pas un traitement, c’est une géologie.

